Party d’Halloween Death Metal à l’Olympia

Arch Enemy, Black Dahlia Murder, Septicflesh, Crypta et Thrown Into Exile ont viré la place à l’envers pour les halloweeneux métalleux

Un reportage photo et vidéo d’Alain Lefebvre

Une superbe soirée pour les amateurs de métal extrême s’annonçait avec le passage de la tournée Wrath Over America 2006 à l’Olympia de Montréal le 31 octobre dernier. Et c’est exactement ce à quoi nous avons eu droit. Un party complètement marteau dans une salle comble dans laquelle on a même aperçu entre autres Charlie et le Père Noël eux-mêmes dans le moshpit (comme vous pourrez le constater dans certains vidéoclips ci-joints).

Les hostilités ont été déclenchées à 19h00 pile par le groupe Thrown Into Exile, ce quintet de metalcore de Los Angeles qu’on avait pu voir en spectacle l’année dernière au même endroit, puisqu’ils avaient aussi ouvert sur la précédente tournée d’Arch Enemy en 2025. Cette fois-ci, pour l’occasion, ils avaient tous revêtu des costumes des plus délirants, c’est pourquoi nous avons vu oeuvrer sur scène une espèce de Willie Nelson métallique, un Skeletor un peu malcommode, un Paillasson épeurant et un Bob L’Éponge avec des airs de Homer Simpson enragé.

Une très belle entrée en matière qui a parfaitement convaincu tous les mélomanes présents.

Puis, ce fut au tour des brésiliennes de Crypta de prendre la scène, ce qui m’a fort réjoui personnellement car, en réalité ce soir-là, je me suis déplacé avant tout à l’Olympia afin d’assister à la performance de ce quatuor féminin que je n’avais jamais eu l’opportunité de voir en concert précédemment. Et je n’ai pas été déçu!

Elles aussi, grimées pour l’Halloween, ont débuté avec le morceau The Other Side of Anger tiré de leur excellent deuxième album paru en 2023, Shades of Sorrow. En fait les quatre femmes ont joué majoritairement des morceaux de cet opus, mis à part le morceau From the Ashes de leur premier album à la toute fin, ainsi que la pièce A Portrait of Decay. Un set très court, mais aussi très efficace. Vous pouvez d’ailleurs le constater dans les clips vidéo ici, ici et ici.

Ça y est! Elle m’a repéré! 😉

À la fin du concert j’ai eu le plaisir de m’entretenir quelques instants avec la très sympathique nouvelle guitariste du groupe, Victoria Villareal (photo ci-dessus), qui avait l’air vraiment surprise et charmée par l’attention et l’accueil des Montréalais. Inutile de dire que le quatuor féminin a eu beaucoup de plaisir sur scène comme on peut le voir ici.

Les Grecs de Septicflesh ont suivi en formule trio puisque, malheureusement, le guitariste et membre fondateur Christos Antoniou a fait une mauvaise chute il y a quelques semaines. L’accident l’a salement amoché, puisqu’il s’est retrouvé avec plusieurs côtes brisées, l’empêchant ainsi de se joindre au groupe pour la tournée actuelle. C’est donc Psychon qui assure toutes les parties de guitares seul avec l’aide de quelques séquenceurs, en attendant que Christos puisse les rejoindre sur la route.

Néanmoins, il faisait vraiment bon de retrouver le groupe d’Athènes et son black métal symphonique et, malgré cette formation allégée, ils ont donné un spectacle à la hauteur des attentes pour ce groupe phare du genre. La bande du bassiste chanteur Spiros Antoniou (et frère de Christos) a débuté magistralement avec Portrait of a Headless Man de l’album Codex Omega.

Puis, ce fut l’immense The Vampire of Nazareth qui a survolté la salle comme on peut le voir ici. Une prestation très tumultueuse comme on peut le voir ici, ici et Ici.

Je n’avais pas vu Black Dahlia Murder depuis de nombreuses années. Le quintet de Detroit a stimulé le moshpit le plus intense de la soirée à date, ce qui a eu pour résultat que j’ai passé plus de temps à recueillir, ramasser et remettre sur pied les malheureux thrashers expulsés malgré eux du circle pit ou amochés et étourdis, qu’à apprécier vraiment les prouesses musicales des cinq hommes, et cela entre deux photos. 😉

Au cours du concert, un gorille furieux et halluciné est monté sur scène pour lancer une banane géante à l’auditoire définitivement affamé, ce qui a immédiatement déclenché un bataille afin de mettre la main sur le gigantesque plantain.

Évidemment, comme dans toutes les guerres, il n’y a pas eu de vainqueurs… 😉

Quand Alyssa White-Glutz a annoncé son départ d’Arch Enemy à l’automne 2025, il y a un an de cela maintenant, plusieurs se sont questionnés sur l’avenir de ce quintet suédois qui a été éprouvé par plusieurs changements de personnel dans les dernières années. Étant un fan de longue date de la chanteuse montréalaise, j’étais de ceux-là et j’étais loin de penser que quelqu’un arriverait à la remplacer dans le coeur des métalleux. Initialement, j’étais même convaincu qu’Angela Gossow reprendrait sa place auprès de la formation, tellement les chances de trouver une chanteuse aussi talentueuse que ces deux femmes puisse exister quelque part. Puis, peu de temps après ça, on a annoncé qu’une américaine inconnue allait prendre la tête du groupe, ce qui m’a laissé encore plus dubitatif et, après la sortie du vidéoclip To the Last Breath, j’étais très loin d’être convaincu par les capacités de sa successeure, la californienne Lauren Hart.

Toutefois, après l’avoir vu à l’oeuvre sur scène samedi dernier, j’ai diamétralement changé d’avis. En effet, j’ai vu toutes les incarnations d’Arch Enemy en concert depuis 2004, que ce soit avec Angela ou Alyssa et je peux affirmer sans hésitation maintenant que Lauren Hart est sans nulle doute la meilleure de toutes les vocalistes qui sont passé dans le groupe depuis 30 ans.

Mike Amott est vraiment un veinard d’avoir mis la main sur une telle perle! On comprend mieux pourquoi Angela Gossow (maintenant manager du groupe) était autant excitée à l’idée de la présenter au groupe (car c’est elle qui l’a trouvée et recrutée). Dotée d’une très puissante voix, Lauren a en plus un charisme phénoménal sur scène, ce qui fait que la grande majorité du public l’a accueilli immédiatement avec enthousiasme pour sa première prestation dans la métropole québécoise. Véritable dynamo, Lauren a pris le contrôle de la scène dès son arrivée et elle a eu l’effet d’un véritable bâton de dynamite sur l’auditoire avec le morceau The World Is Yours de l’album Will to Power de 2017.

Ravenous de Wages of Sin a suivi, puis la pièce titre de l’album War Eternal et celle de Blood Dynasty, en plus de My Apocalypse de Doomsday Machine. Ce n’est qu’après que le quintet s’est lancé dans To the Last Breath, seul morceau de la nouvelle incarnation qui est sorti jusqu’à maintenant.

Taking Back My Soul, The Eagle Flies Alone, Bury Me an Angel et Dead Bury Their Dead ont suivi, avant que le quintet termine le spectacle avec No Gods, No Masters.

Malgré la fatigue de cette longue soirée, l’ardeur des slammeurs n’a pas diminué et le moshpit est resté très intense jusqu’à la fin.

En guise de rappel, le groupe a interprété son « gros canon », Nemesis de Doomsday Machine, au cours duquel on a fait pleuvoir sur l’auditoire une averse de ballons géants qui ont transformé l’Olympia en terrain de volleyball jusqu’à la fin.

Vous retrouverez plus de vidéos du concert ici, ici, ici, ici et ici .

Ci-dessous, quelques uns de la vingtaine de ballons qui ont envahi l’Olympia à la fin du concert, au plus grand plaisir de l’auditoire.

Textes, photos et vidéos: Alain Lefebvre