Le chant du cygne de Sepultura à Montréal

Pour son dernier passage en concert à Montréal, le légendaire quatuor brésilien a offert à ses fans québécois un spectacle musicalement parfait dans le cadre de leur tournée d’adieux qu’ils ont intitulée le « Celebrating Life through Death Tour ». Et c’est exactement ce que le groupe culte a fait en célébrant la fin de leur carrière dans une atmosphère très festive et dynamique. Appuyés par les américains Derrick Greene, leur puissant chanteur depuis 1998, ainsi que leur « petit nouveau » batteur (qui, à l’âge de seulement 23 ans, s’est joint au groupe il y a un peu plus de deux ans, en février 2024), Greysin Nekrutman, les membres originaux Andreas Kisser (guitare) et Paulo Xisto (basse) ont donné une performance absolument époustouflante. Le quatuor a débuté les hostilités avec rien de moins que le classique Beneath the Remains (voir la vidéo ici), pièce titre de cet album, leur troisième, qui a lancé à l’époque en 1989 en très grande force leur carrière au niveau international. Ce fut suivi d’un autre morceau de ce même album, Inner Self dans lequel Andreas Kisser a interprété un de mes solos de guitare préférés de tous les temps à la perfection. D’ailleurs, en tant que guitariste, je dois dire que absolument savouré avec très grande joie le plaisir d’avoir l’opportunité de regarder jouer cet authentique virtuose toute la soirée, et qui a donné une prestation rien de moins qu’exceptionnelle.

Les quatre hommes sont par la suite passé à l’album Arise en interprétant Desperate Cry avant d’enchaîner avec la pièce titre du disque Kairos de 2011, un bond de vingt ans d’un seul coup! Means to an End de Quadra a suivi, puis Attitude de Roots que le quatuor a ensuite joint en symbiose avec The Vatican, tiré de cet album au titre interminable de 2013, The Mediator Between Head and Hands Must Be the Heart. Ça a été suivi par Choke de Against et de The Place du dernier EP du groupe, The Cloud of Unknowing, avant de faire un retour étonnant dans le temps avec le morceau Escape to the Void tiré du deuxième album de Sepultura, l’excellent Schzophrenia de 1987.

C’est après cela que huit percussionnistes ont envahi la scène pour rejoindre le groupe afin d’interpréter Kaiowas de l’album Chaos A.D. dans une communion tribale fort appréciée du public. Puis c’est Dead Embryonic Cells d’Arise qui a suivie par Agony of Defeat de Quadra, avant qu’Andreas Kisser ne vienne rendre un hommage senti au regretté Phil Campbell au micro (Ce brillant guitariste qui nous a quitté il y a quelques semaines), avant de se lancer dans une interprétation solide de la pièce titre de l’album Orgasmatron de Motörhead.

Le sprint final a été composé des classiques Territory et Refuse/Resist de Chaos A.D., la pièce titre de l’album Arise, avant de clore le concert avec Ratamahatta et Roots Bloody Roots de l’album Roots de 1996. Une très belle soirée qui va faire qu’on va s’ennuyer vraiment de ce groupe génial brésilien qui a su nous toucher au cours de toutes ces années et qui a laissé une marque indélébile dans le monde du métal depuis près de 40 ans.

Le seul bémol de cette soirée est venu de ma blonde qui a trouvé que la tenue vestimentaire de Derrick tenait plus de celle d’un coach de Football que de celle d’un chanteur d’un groupe de thrash majeur… 😂

Avant Sepultura et Exodus (dont j’ai déjà parlé dans cet autre article), la soirée avait débuté avec le quintet américain death Tribal Gaze que j’ai malheureusement raté, conséquence de la circulation très difficile à Montréal en ce vendredi soir. Puis, le public a eu droit à une prestation très physique et puissante de Biohazard que je n’avais pas vu depuis de très nombreuses années en concert. Bien que je n’ai jamais été vraiment amateur de leur musique, je dois dire qu’ils sont très impressionnant en spectacle et que, malgré le passage des ans, les quatre new-yorkais n’ont rien perdu de leur fougue qui s’est avérée immédiatement contagieuse chez le public. Une très bonne performance.

Texte, photos et vidéos: Alain Lefebvre

Greyson Nekrutman, Derrick Greene & Andreas Kisser

Andreas Kisser, un virtuose et showman hors pairs

Derrick Greene, le très puissant chanteur du groupe depuis 1998

Paulo Xisto, membre fondateur de Sepultura, le seul à être encore là depuis les débuts.

Greyson Nekrutman, le jeune mais solide batteur du groupe dont c’est la première tournée avec Sepultura

Une amitié de plus de 40 ans